AccueilPortailCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
» Eglise Futuriste
Jeu 6 Juin - 12:00 par almagor

» Avis de transfert du forum de l'AFT:Technoprog!
Ven 31 Mai - 19:24 par MarcAdmin

» Transfert du forum Technoprog! - nouvelle étape
Ven 31 Mai - 19:20 par MarcAdmin

» Coren
Jeu 23 Mai - 12:56 par Coren

» Bonjour, bonjour
Mer 22 Mai - 17:56 par Spartan

» Rencontre H+ irl Paris 22 mai 2013
Mer 15 Mai - 8:26 par MarcAdmin

» Stimulation Transcranienne électrique
Ven 10 Mai - 0:55 par Spartan

» Textes de Brainstorm
Mar 7 Mai - 4:09 par Brainstorm

» Quel est le 1er transhumain ?
Ven 3 Mai - 22:17 par p.pit

Adhésions
Adhérer à l'association Technoprog!

Partagez | 
 

 Débat national sur les Nanotechnologies : Réponses de la CPDP

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Marc



Messages : 1260
Date d'inscription : 05/10/2008
Localisation : Athènes

MessageSujet: Débat national sur les Nanotechnologies : Réponses de la CPDP   Mar 16 Mar - 20:10

Dans le cadre du « débat national sur les nanotechnologies », nous sommes peut-être quelques uns à avoir soumis à la Commission Particulière du Débat Public (CPDP) des questions propre à notre approche transhumaniste.

La CPDP, fidèle en cela à ses engagements, a commencé à répondre individuellement à toutes les questions posées.

Il nous a paru intéressant de retransmettre ici ces réponses – soit que les avis de la CPDP puissent éclairer notre propre réflexion, soit qu’ils révèlent le point de vue (parfois les limites) de cet organe officiel, mandaté par l’État.

Nous publierons un post par réponse :
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marc



Messages : 1260
Date d'inscription : 05/10/2008
Localisation : Athènes

MessageSujet: Re: Débat national sur les Nanotechnologies : Réponses de la CPDP   Mar 16 Mar - 20:14

question #730, du 18/01/2010 :

- Les chercheurs que vous êtes se posent-ils parfois la question de l’utilisation des nanotechnologies médicales à destination non seulement de la thérapie, mais de l’augmentation humaine ? Si oui, comment y répondez-vous et pourquoi ?
- Qui pourrait notamment argumenter en faveur de l’utilisation de ces technologies à des fins d’augmentation de l’humain (durée de vie, perception sensitive, facultés motrices, cognitives, etc. ) ?


Réponse du Maître d'ouvrage :

À l'heure actuelle nous ne connaissons pas de nanotechnologies permettant une augmentation humaine, sauf à ranger par exemple les lunettes ou les prothèses auditives dans cette catégorie. Mais cette notion demande à être définie. S'il s'agit d'augmenter les performances de productivité face à une tâche bien précise, l'orientation est plutôt celle de l'utilisation d'outils qui se substituent à la force physique (machines outils, robots) ou mentale (ordinateurs) des hommes. Dans le domaine de la perception, il existe des équipements qui permettent d'augmenter les performances des sens des êtres humains (jumelles, microphones, etc...). On peut aussi ajouter à la vision naturelle de l'homme des informations qui l'aideront à prendre une décision, par exemple en superposant à une image vidéo de la scène des données issues de capteurs divers ou de bases de données. C'est ce que l'on appelle la réalité augmentée. Mais il n'existe pas actuellement de nanotechnologies susceptibles d'augmenter les performances humaines au sens où elles modifieraient les cellules ou l'ADN pour accroître les performances physiques ou mentales.

Si, par augmentation, il faut entendre l'allongement de l'espérance de vie, il est évident que les recherches menées dans le domaine des applications médicales des nanotechnologies visent explicitement cet objectif, soit en permettant des diagnostics plus précoces et plus précis de pathologies en cours de développement, soit en mettant à la disposition des médecins des médicaments qui ciblent mieux les organes à traiter donc en augmentant l’effet thérapeutique tout en diminuant les effets secondaires (principalement dans les thérapies anticancéreuses).

Le développement des applications des nanotechnologies dans le domaine de la convergence "NBIC" (nano-bio-info-cognitive) pose de nouvelles questions.

Les essais de telles techniques, comme toute expérimentation sur les êtres humains, doivent d'abord recevoir une approbation d'un comité d'experts de l'institution promotrice de la recherche, avant que le projet reçoive un avis favorable d'un comité de protection des personnes (CPP) et de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé.

Si le bien de l'individu est toujours principalement recherché, se pose la question de la difficile distinction entre restauration ou maintien de capacités "normales" et amélioration des potentialités.

Ces enjeux éthiques nouveaux ont été abordés dans le rapport produit en 2009 par l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques en vue de la révision de la loi de bioéhique de 2004.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marc



Messages : 1260
Date d'inscription : 05/10/2008
Localisation : Athènes

MessageSujet: Re: Débat national sur les Nanotechnologies : Réponses de la CPDP   Mar 16 Mar - 20:21

question #731, du 18/01/2010 :

- Etes-vous déjà en mesure de citer quelques exemples dans lesquels une nanotechnologie permet déjà une augmentation humaine ? Lesquels ?

Réponse du Maître d'ouvrage :

A l'heure actuelle, nous ne connaissons pas de nanotechnologies permettant une augmentation humaine, sauf à ranger par exemple les lunettes ou les prothèses auditives dans cette catégorie.
Cette notion demande cependant à être mieux définie. S'il s'agit d'augmenter les performances de productivité face à une tâche bien précise, cela se traduit par l'orientation vers l'utilisation d'outils qui se substituent à la force physique (machines outils, robots) ou mentale (ordinateurs) des hommes.
Dans le domaine de la perception, il existe des équipements qui permettent d'augmenter les performances des sens des êtres humains (jumelles, microphones, etc...). On peut aussi ajouter à la vision naturelle de l'homme des informations qui l'aideront à prendre une décision, par exemple en superposant à une image vidéo de la scène des données issues de capteurs divers ou de bases de données. C'est ce que l'on appelle la réalité augmentée.
Mais il n'existe pas actuellement de nanotechnologies susceptibles d'augmenter les performances humaines au sens où elles modifieraient les cellules ou l'ADN pour accroître les performances physiques ou mentales.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marc



Messages : 1260
Date d'inscription : 05/10/2008
Localisation : Athènes

MessageSujet: Re: Débat national sur les Nanotechnologies : Réponses de la CPDP   Mar 16 Mar - 20:23

question #732, du 18/01/2010 :

- Si un « principe de précaution » raisonné me paraît souhaitable, comment peut-on prouver par avance une non toxicité éternelle et totale ? Un tel désir ne relève-t-il pas de l’irrationnel ?

Réponse du Maître d'ouvrage :

Suivant l'enseignement de Paracelse, la science doit rester modeste et les chercheurs ne peuvent jamais affirmer avec certitude qu'ils comprennent tous les phénomènes qu'ils étudient. Nous sommes entourés en permanence par des produits et des objets dont nous ne sommes pas complètement sûrs qu'ils ne pourraient pas avoir des effets négatifs sur notre santé.


Une non-toxicité éternelle et totale n'a pas de sens. Sauf pour les poisons avérés, la nocivité d'un produit est souvent une notion complexe qui dépend de plusieurs paramètres : au bout de combien de temps, pour quelle dose, dans quelles conditions ? Par exemple, de nombreux médicaments sont toxiques lorsque les doses prescrites ne sont pas respectées.

S'agissant des nanoparticules, la toxicité dépend des caractéristiques physiques et chimiques spécifiques telles que la taille et la distribution, la forme, l'état d'agrégation et d'agglomération, la structure cristalline, l'énergie et le traitement de surface, la solubilité et la biopersistance. Ceci explique que de nombreuses études de toxicologie ont été lancées pour quantifier le danger des nanoparticules en fonction de leur utilisation et de leur dégradation dans l'environnement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marc



Messages : 1260
Date d'inscription : 05/10/2008
Localisation : Athènes

MessageSujet: Re: Débat national sur les Nanotechnologies : Réponses de la CPDP   Mar 16 Mar - 20:26

question #751, du 18/01/2010 :

- Sans parler de science-fiction, mais en ne parlant que de ce qui existe aujourd'hui, certains cas d'augmentation humaine ne sont-elles pas déjà possibles ?
- Si oui, pourquoi toute perspective d'augmentation humaine est-elle présentée comme une "dérive" (dixit M. Bergougnoux, le Pdt de la CPDP) ?


Réponse du Maître d'ouvrage :

La notion d' « augmentation humaine » nécessite d'être définie de façon rigoureuse, afin d'éviter une confusion générale. A notre connaissance, il n'existe pas d'augmentation « humaine » due aux nanotechnologies, sauf à considérer les prothèses, par exemple les prothèses auditives destinées à des personnes ayant un déficit d'audition, comme une augmentation humaine. Dans le domaine de la santé, les nanotechnologies sont utilisées de différentes manières: diagnostic, imagerie médicale, médicaments, prothèses. Mais dans toutes ces applications il s'agit de diagnostiquer, de traiter ou de prévenir des maladies qui touchent la personne humaine, non d'en augmenter les performances.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
samuel

avatar

Messages : 136
Date d'inscription : 20/03/2009
Age : 49
Localisation : Genève

MessageSujet: Re: Débat national sur les Nanotechnologies : Réponses de la CPDP   Ven 19 Mar - 16:13

Question #846, le 2010-01-28 :

Les récentes décisions de l'exécutif et de la justice Française face aux progrès technologiques ont montré au mieux un manque de maitrise de l'analyse de risque et du principe de précaution, au pire un conservatisme teinté de populisme (interdiction de la GPA et du DPI par le comité de bioéthique, interdiction des PGM, jugement défavorable à l'implantation d'antennes, ces deux dernières décisions prises au mépris des avis scientifiques).
Ne doit-on pas craindre un comportement similaire face aux nanotechs mais avec un impact économique dramatique pour la nation ?


Réponse du Maître d'ouvrage :

Les pouvoirs publics doivent résoudre une équation difficile, celle du choix politique d'un développement technologique (pour des raisons économiques avec d'éventuelles retombées sociales et de présence française dans le concert des grandes nations indstrielles innovantes) accompagné d'une sécurité sanitaire et environnementale. Le développement "responsable" est le résultat de cette équation. Dans le domaine des nanotechnologies, pour la première fois dans l'histoire du développement technologique, les pouvoirs publics se sont impliqués très tôt dans le processus d'écoute des divers points de vue. Des actions de diverses natures ont été entreprises suite aux recommandations sur les nanomatériaux manufacturés des agences de sécuri té sanitaires, en particulier au plan de la recherche en matière de métrologie et de toxicté.

Par ailleurs, les risques potentiels liés aux nanomatériaux sont d'ores et déjà pris en compte au niveau législatif, dans la loi de programmation relative à la mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement du 3 août 2009 dite loi Grenelle 1, et dans le projet de loi Grenelle 2.

C'est également l'un des objectifs du débat public national que de "conduire à des choix responsables et durables, dans une double ambition de progrès et de régulation, soucieuse de l'homme, de la société et de l'environnement", ainsi que l'exprime le dossier de présentation du maître d'ouvrage.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
samuel

avatar

Messages : 136
Date d'inscription : 20/03/2009
Age : 49
Localisation : Genève

MessageSujet: Re: Débat national sur les Nanotechnologies : Réponses de la CPDP   Ven 19 Mar - 16:21

Question #845 du 2010-01-28

Partant du constat que la dangerosité des molécules n'est pas intrinsèquement liée à leur taille mais à leur interaction avec l'environnement, pourquoi n'intègre-t-on pas tout simplement ces produits dans les protocoles de contrôle existants comme Reach ?
Plutôt que de se focaliser sur les nanotechs, le législateur ne devrait-il pas plutôt travailler à l'extension des contrôles et régulations sur l'impact environnemental des produits de l'industrie ou de l'agriculture qui sont à l'heure actuelle largement insuffisants de mon point de vue.


Réponse du Maître d'ouvrage :

Il convient effectivement de distinguer l'impact des nanoparticules sur l'environnement de celui des nanotechnologies en général. Les principales inquiétudes concernent plutôt les nanoparticules.

Les deux règlements européens REACh, relatif aux substances chimiques, et CLP concernant la classification, l'étiquetage et l'emballage des substances et préparations dangereuses, portent des avancées, tant en matière d'amélioration que de diffusion des connaissances, mais ils demandent à être précisés pour mieux prendre en compte les spécificités des substances de taille nanométrique. Actuellement, des groupes d'experts scientifiques travaillent sur les améliorations qui pourraient être apportées en ce qui concerne l'enregistrement des substances de taille nanométrique prévu dans le cadre du règlement REACh. En outre, la France plaide pour faire évoluer ce règlement lors de sa prochaine révision prévue courant 2012.

S'agissant de l'agriculture, en particulier des produits phytopharmaceutiques utilisés dans ce secteur, qui n'entrent pas en tant que tels dans le champ d'application de REACH, la législation communautaire en vigueur depuis 1991 vise à assurer un haut niveau de sécurité pour les applicateurs, les consommateurs et l'environnement. Dans ce cadre, suivant des méthodes scientifiquement reconnues et approuvées par l'Union européenne, des études d'évaluation des risques pour l'environnement sont exigées préalablement à toute autorisation de tels produits.

Au niveau national, dans le cadre notamment des travaux du Grenelle de l'environnement, le besoin de renforcer les moyens de métrologie et les études sur la toxicité et l'écotoxicité des nanoparticules a été souligné. Il a été décidé que ces études seraient activées et mise en œuvre dans des plates-formes dédiées.

Ainsi, les mesures de régulation mises en place par les pouvoirs publics aux plans national et européen apparaissent en complète adéquation avec les remarques que vous formulez.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marc



Messages : 1260
Date d'inscription : 05/10/2008
Localisation : Athènes

MessageSujet: Re: Débat national sur les Nanotechnologies : Réponses de la CPDP   Ven 19 Mar - 17:47

question #781, du 20/01/2010 :

Je suppose que l’armée française, au contraire, semble-t-il, de l’armée américaine du temps de M. G.W.Bush, n’envisage pas (encore :-) « l’augmentation humaine » (au sens du Transhumanisme), par les nanotechnologies ou d’autres techniques, comme moyen de renforcer les performances de ses soldats.
Car je suppose que l’armée française considèrera comme prioritaire la préservation de la dignité humaine dans l’intégrité de la personne de ses soldats.
Pourtant, dans la mesure où certains soldats seraient volontaires pour « l’augmentation », il se pourrait que l’on finisse par se rendre compte que, in fine, la dignité humaine ne réside pas dans une intégrité absolue, définitive et sanctifiée de la personne – au moins physique, mais dans la seule « libre Conscience ».

Qui d’entre les invités du plateau osera jouer le jeu et avancer des arguments favorables à l’emploi de nanotechnologies destinées à « l’augmentation » du soldat ? A quelles conditions pourraient-elles devenir moralement acceptables ?

(NB : pour le coup, je me permets de préciser que, personnellement, je ne suis pas a priori favorable à l’utilisation militaire des Technologies de l’augmentation humaine. Mais comment penser à celles-ci sans envisager aussi ce versant ?)


Réponse du Maître d'ouvrage :

L'amélioration, voire l'augmentation des capacités du combattant, intéresse tous les pays. Mais cela n'est pas lié aux nanotechnologies : on recherche par exemple à mieux entraîner les hommes, de manière à améliorer leurs performances physiques, leur résistance à la fatigue, à augmenter la résitance au sommeil... Dans tous les pays occidentaux, les stratégies de préparation au combat et d'entraînement se font toujours dans le respect de la santé des hommes. On doit aussi comprendre que dans un contexte de combat, l'excellence des performances humaines est un gage de sécurité et de sauvegarde des hommes, en particulier lors de l'engagement dans des zones de haute dangerosité. Ceci ne nécessite pas a priori de nanotechnologies , mais comme partout, les nanotechnologies pourront aider.

Les échanges scientifiques régulièrement entretenus entre les pays qui pourraient disposer de telles technologies font qu'il existe une autosurveillance, une connaissance mutuelle des avancées des autres pays dans ce domaine . Il est aussi important de savoir qu'il y a, face à l'émergence de telles technologies, de vraies réflexions éthiques sur l'amélioration des performances des combattants. La raison l'emporte très largement et il existe un vrai consensus pour considérer qu'il n'y actuellement aucune indication raisonnable à modifier le comportement de militaires sans encourir des effets secondaires dangereux, non maîtrisables, et qui iraient à l'encontre de l'efficacité des hommes sur le terrain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marc



Messages : 1260
Date d'inscription : 05/10/2008
Localisation : Athènes

MessageSujet: Re: Débat national sur les Nanotechnologies : Réponses de la CPDP   Ven 19 Mar - 17:59

question #841, du 20/01/2010 :

- Pourquoi est-ce que, dans sa partie 4, le « Dossier du Maître d'ouvrage » présente-t-il comme donné que la convergence des technologies (BANG ou NBIC) vers une augmentation des performances humaines et une disparition possible de la frontière entre humain et non humain débouche sur des « excès redoutés » ?
Cela ne constitue-t-il pas une prise de position, et donc une dérogation au principe de neutralité qu’affirme s’imposer par ailleurs le maître d’ouvrage ?

- N’y a-t-il pas moyen d’envisager autrement cette convergence et cette perspective éventuellement « transhumaniste » ? Quels pourraient être les aspects positifs d’une telle évolution ?

- Une évolution de type « transhumaniste » ne pourrait-elle pas au contraire mieux porter, sur le long terme, les espoirs de pérennité de l’espèce humaine ?


Réponse du Maître d'ouvrage :

La principale crainte des adversaires du transhumanisme est la disparition de l'humain dans ce processus. C'est en ce sens que le dossier, qui vise à faire un état des lieux aussi complet et impartial que possible sur l'ensemble des problématiques soulevées, mentionne des « excès redoutés ». Les aspects positifs que mettent en avant les partisans du transhumanisme sont la vie éternelle, une intelligence et une mémoire augmentées, des performances physiques accrues, la fin des maladies dégénératives, etc...au prix d'une transformation de l'humain actuel en un être futur mi-humain mi-machine. De nombreux écrivains de science-fiction se sont emparés de ce thème et n'ont pas hésité à en présenter toutes les variations possibles. Très souvent d'ailleurs dans ces romans la transformation de l'être humain lui permet de survivre à une catastrophe. Il n'en demeure pas moins qu'il s'agit de science-fiction, et non de science. En l'état actuel des connaissances, et des résultats de la recherche en nanosciences et en nanotechnologies, le transhumanisme n'est qu'une pure fiction.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marc



Messages : 1260
Date d'inscription : 05/10/2008
Localisation : Athènes

MessageSujet: Re: Débat national sur les Nanotechnologies : Réponses de la CPDP   Ven 19 Mar - 18:01

question #842, du 20/01/2010 :

- Le maître d’ouvrage cite Jean-Pierre Dupuy : « […] ce n’est plus la nature que [les humains] connaîtront, mais ce qu’ils auront fait. »
Cela ne dépend-il pas de l’idée que l’on se fait de « la nature » ? Si l’humain fait bien partie intégrante de la nature, la culture et la technique, œuvres de l’humain, n’en font-ils pas partie aussi ?

- De manière très intéressante, Le maître d’ouvrage dit : « en créant une vie artificielle plus robuste […] il pourrait transférer ce qu’il est. »
Ce qui sous entend que « ce qu’il est » pourrait ne pas dépendre forcément de son support physique actuel (corps biologique).
Dans une telle hypothèse, quelle pertinence aurait en effet le maintien d’une barrière stricte entre « le vivant et le non-vivant, le naturel et l’artificiel » ? La distinction discriminante (en terme de droits notamment), ne pourrait-elle pas être déplacée entre conscient (de soi) et non conscient (ou non reconnu comme conscient, voire comme potentiellement conscient …) ?


Réponse du Maître d'ouvrage :

De fait, l'idée selon laquelle la nature n'est pas indépendante de notre action technique sur elle n'est pas forcément partagée. Certains imaginent qu'elle possède une autonomie, qu'elle nous fait face et que nous avons à la protéger, comme on protège un nourrisson sans défenses (Hans Jonas). L'écologie dite profonde défend même que la nature ne serait sauvegardée que si l'humanité venait à disparaître. Le refus parfois fanatique de la technique s'accroche à cette acception métaphysique de la nature. Votre question indique que vous avez une représentation systémique des relations entre les humains et les non-humains (comme dit Bruno Latour qui récuse l'opposition entre nature et artifice). Quant à l'observation faite sur l'éventuel téléchargement de l'homme sur un support artificiel, il suppose un dualisme : celui qui dissocie l'esprit et le corps. Les sciences cognitives tendent à renoncer à ce dualisme et à envisager "l'incorporation de l'esprit" (Varela). Plus précisèment, elles contribuent à dé-substantialiser les réalités qu'on prétendait séparer, à commencer par celle de la matière et de l'esprit, de la nature et de la culture... Le statut de la conscience s'en trouve modifié, puisqu'on ne tranchera plus entre le conscient et le non-conscient et qu'on verra entre les deux une question de degré et non pas une opposition de nature.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marc



Messages : 1260
Date d'inscription : 05/10/2008
Localisation : Athènes

MessageSujet: Re: Débat national sur les Nanotechnologies : Réponses de la CPDP   Ven 19 Mar - 18:03

question #903, du 10/02/2010 :

- Comment parler de la convergence technologique, induite par les Nanos, dans laquelle risque d’être plongés mes élèves dans les décennies à venir ? Quel enseignement proposer afin de les y préparer ? Comment enseigner tôt la complexité ?

- Je ne suis pas professeur de science « dure », je suis historien. Puis-je continuer à enseigner l’Histoire, des civilisations anciennes jusqu’à nos jours, sans jamais la mettre en perspective de manière explicite ? Autrement dit, ne faudrait-il pas consacrer un temps spécifique à l’appréhension de notre futur ?

- La convergence des nanotechnologies avec les autres technologies NBIC mettent en question la frontière entre vivant et inerte, humain et non humain. Ne faut-il pas envisager de mettre en évidence quelque chose de plus essentiel encore que le vivant ou que l’humain, par exemple de sacraliser la Conscience en lieu et place de la Vie ?
Or un tel déplacement aurait sans doute des conséquences très grandes sur nos mœurs, donc sur notre éthique, donc sur notre manière de gouverner.


Réponse du Maître d'ouvrage :

Pour ce qui concerne les NBIC, la crainte de voir mise en question la frontière entre le vivant et l'inerte n'est pas qu'un fantasme encouragé par des écrivains qui en ont fait un sujet de science-fiction. Les nanosciences et nanotechnologies ont pour objet l'étude et la manipulation de la matière à l'échèle moléculaire, voire atomique. A cette échelle, il n'y a donc plus de différence entre le vivant et le non-vivant. Les Nanotechnologies permettent ainsi la convergence avec les Biotechnologies, les technologies de l'Information et les sciences Cognitives (convergence NBIC), qui peut se dire également BANG : Bits, Atomes, Neurones et Gènes : la convergence de ces diverses technologies est basée sur leur unité matérielle à l'échelle nanométrique et sur leur intégration technologique depuis cette éc helle.

La convergence Nano-Info est une réalité depuis longtemps. Les nanotechnologies l'amplifient considérablement en produisant des moyens d'acquisition de données de plus en plus petits et en très très grand nombre, des moyens de traitement de l'information de plus en plus puissants et des moyens de stockage de plus en plus considérables. Tout cet outillage, mis en réseau, permet une traçabilité et le contrôle des objets, choses et personnes de plus en plus ténu, la plupart du temps à l'insu des individus. Les RFID en sont une traduction.

La convergence Info-Bio est aussi en place : le décryptage rapide du génome humain, par exemple, n'aurait pas été possible sans elle.

La convergence Nano-Cogno (et Info) en est au stade de l'expérimentation : les expériences réalisées à Clinatec à Grenoble l'illustrent.

La convergence Nano-bio (et info) conduit, par exemple, à la fabrication et la commercialisation d'ADN synthétiques.

Il n'est pas forcément facile de faire un lien, devant des élèves, entre les différentes disciplines, notamment l'histoire et les sciences de la matière. Cependant, l'enseignement, à travers quelque discipline que ce soit, permet de donner des repères, d'apprendre à réfléchir et à s'ouvrir à la connaissance, tant vis à vis des époques précédentes dont l'étude permet de comprendre où nous en sommes, que pour susciter l'ouverture à l'information dans la société qui nous entoure.

A travers le dossier de présentation des nanotechnologies, il est aussi possible, à l'inverse, de mieux comprendre certaines avancées technologiques du passé, alors ignorées de leurs inventeurs en tant que telles: cités en début de dossier, les épées de Damas ou les vitraux des cathédrales illustrent, parmi quelques autres exemples, l'exploitation par l'homme des propriétés de l'infiniment petit sans qu'il en soit conscient. La science, notamment grâce à l'utilisation du microscope à effet tunnel, a permis de comprendre ces phénomènes physiques et chimiques, tout autant que l'on peut comprendre l'évolution des sociétés à travers de grands événements historiques. Enfin, l'histoire des sciences et des techniques établit aussi un pont entre différentes disciplines et des initiatives comme celles des conférences co-organisées par le conservatoire des arts et métiers (CNAM) et l'université de tous les savoirs, par exemple, en s'adressant à tous les publics, concourent à satisfaire le besoin de compréhension de notre monde en permettant une mise à jour sérieuse et partagée des connaissances.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marc



Messages : 1260
Date d'inscription : 05/10/2008
Localisation : Athènes

MessageSujet: Re: Débat national sur les Nanotechnologies : Réponses de la CPDP   Ven 19 Mar - 18:07

question #923, du 17/02/2010 :

J. Mazaudier a rappelé que les choix éthiques s’appuyaient sur le respect de la dignité humaine. Mais les Nanosciences et les Nanotechnologies remettent en question ce que nous croyions être la nature même de l’humain. Ne faut-il pas donc reprendre notre réflexion sur ce que nous croyons être l’humain ? Par exemple, pourquoi refuser une augmentation humaine si celle-ci est permise par les nanotechnologies ? Pourquoi aller au-delà de l’humain serait-il forcément contraire aux aspirations de l’humain ?

Réponse du Maître d'ouvrage :

Les nanosciences et nanotechnologies ne remettent pas en cause en elles- mêmes la nature de l'être humain ! Ce sont les usages envisagés par certains et surtout l'appréciation éthique qu'en a la société, laquelle peut être évolutive, qui permettent d'éclairer la question de la séparation entre l'humain et le non humain, le naturel et l'artificiel.

En tout état de cause, les scénariis vulgarisés par diverses oeuvres de fiction ne correspondent pour le moment à aucune réalité et relèvent plus de la science-fiction que de la vraie science. Vos interrogations ne peuvent trouver de réponses que dans un débat engageant la société dans sa diversité, à l'instar de ce qui s'est passé lors de l'adoption des lois bioéthiques.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marc



Messages : 1260
Date d'inscription : 05/10/2008
Localisation : Athènes

MessageSujet: Re: Débat national sur les Nanotechnologies : Réponses de la CPDP   Ven 19 Mar - 18:44

Voilà. Pour ma part, je crois que l’ensemble des questions que j’avais posées ont obtenu une réponse de la part du maître d’ouvrage.
Je me permets tout de suite une courte réplique/précision sur un point.

En réponse à ma question #842, le maître d’ouvrage a répondu :

Citation :
Quant à l'observation faite sur l'éventuel téléchargement de l'homme sur un support artificiel, il suppose un dualisme : celui qui dissocie l'esprit et le corps. Les sciences cognitives tendent à renoncer à ce dualisme et à envisager "l'incorporation de l'esprit" (Varela). Plus précisèment, elles contribuent à dé-substantialiser les réalités qu'on prétendait séparer, à commencer par celle de la matière et de l'esprit, de la nature et de la culture... Le statut de la conscience s'en trouve modifié, puisqu'on ne tranchera plus entre le conscient et le non-conscient et qu'on verra entre les deux une question de degré et non pas une opposition de nature.

Je ne suis pas du tout d’accord pour dire que « l'éventuel téléchargement de l'homme sur un support artificiel » supposerait une conception dualiste.
Au contraire, si l’on admet que la Conscience, la pensée ou l’esprit (comme vous voulez), c’est la matière, alors la faculté à reproduire de la matière selon une disposition et une dynamique à l’identique devrait aboutir à une reproduction de la même Conscience.
Il ne s’agirait évidemment pas des mêmes atomes déplacés d’ici à là, mais l’information serait la même.

Quand je copie un programme informatique d’un DVD à un disque dur, le support change, la matière change, c’est l’information qui est la même, c’est à dire l’ordre dans lequel sont inscrits les bits.
Lorsque je retranscrit un texte de mon cahier sur mon ordinateur ou sur n’importe quel medium il en va de même.

Est-ce que le fait de distinguer l’information du support implique un quelconque « dualisme » (opposition esprit/matière) ? Je ne crois vraiment pas.
Il s’agit simplement de considérer la même matière sous deux angles différents.
Je peux m’intéresser à ce qui la constitue (le support) ou à la manière dont elle est disposée (l’information).
Je ne quitte donc pas un monisme matérialiste.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
samuel

avatar

Messages : 136
Date d'inscription : 20/03/2009
Age : 49
Localisation : Genève

MessageSujet: Re: Débat national sur les Nanotechnologies : Réponses de la CPDP   Ven 19 Mar - 18:56

Je partage tout à fait ton point de vue sur la #842.

Par contre, pour la #841, j'ai l'impression qu'il a là un exercice de langue de bois. Où est la réponse ? Si le sujet est de la science-fiction, alors les "excès redoutés" aussi.

Enfin une remarque générale, il est clair que les réponses sont fournies par différents interlocuteurs, mais on n'indique pas qui ils sont. C'est dommage et cela ne permet pas de poursuivre le dialogue.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Débat national sur les Nanotechnologies : Réponses de la CPDP   

Revenir en haut Aller en bas
 
Débat national sur les Nanotechnologies : Réponses de la CPDP
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Bureau National ou Bureau Régional ????
» combien de réponses pour cloturer une étude de marché?
» Etablissement Public de Santé National / Fresnes
» Ordre national ou syndicat !!
» Un Boeing Stearman fait un cheval de bois sur l'aéroport Washington National le 8 juin 2010

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Transhumanismes :: Actualités :: Conférences et rencontres-
Sauter vers: